Sunday, September 18, 2005

La Conscience de l'Ego


Récemment j'ai fait face à une réalité:

Je suis tellement consciente de mes blessures, que je passe mon temps à tenter de les protéger. Au lieu d'ôter le pansement et laisser la plaie à l'air vif, et l'oublier une fois pour toute, je la cache sous des couches d'ouate, je la maintiens en vie, je la cultive et la sacralise.

Finalement, je suis tellement prête à être blessée, si prête, que je ne fais qu'attendre les coups.

A toujours chercher la face cachée du monde, j'occulte la simplicité des moments de ma vie. Les poings en garde, la perception de mon monde se réduit à ce que mes bras veulent bien me laisser voir. Et je ne vois que des parties de visages, des parcelles de paysages et des extraits de panoramas. Il y a même des jours où, le coude levé, je ne vois que la chair des mes poignets, bien hauts, bien proches.

Mais je réalise en baissant un peu mes bras que chacun est déjà occupé à protéger ses propres blessures.
En fait, qui va s'amuser à chercher ce que je cache sous mes tonnes d'ouates, qui s'en soucie vraiment ? Qui possède assez d'énergie pour chercher les décombres de ma vie et ensuite s'en servir pour me heurter ?
Et je sens par ailleurs que mes bras n'auront jamais la force de garder la pose éternellement.

Je veux voir.

Alors, c'est décidé je baisse ma garde.

Je laisse néanmoins un avis aux malintentionnés :
Même le bras baissé, j'aurai toujours le poing serré.

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