Sunday, March 06, 2005

Adieu mon amour - Wedaat Hobbak



Si mon père m'a laissé un héritage, le plus beau restera celui d'aimer Farid el Atrache.

Quand j'emploie le verbe aimer, c'est tout simplement parce que mon vocabulaire me fait défaut et fuit, incapable d'exprimer par des termes exacts ce que je ressens quand j'entends la voix de ce chanteur.
Je me souviens d'ailleurs il y a quelques années, alors qu'il était au lycée, mon frère me parla d'un sujet qu'il venait d'aborder: l'ineffable.
Quand il est impossible d'exprimer de quelque manière que ce soit un sentiment qu'on éprouve face à une situation ou une personne.
Il me dit alors:
-J'ai tout de suite pensé à Farid el Atrache.

Pour parler de cet artiste de manière moins affective et tracer le personnage aux non-initiés, on peut reprendre les lignes classiques biographiques du chanteur:

Il faut savoir que Farid El Atrache est né aux alentours de 1915 (la date est incertaine), d'une famille noble Druze opposé à l'occupation de la Syrie et du Liban par la France. Pour ces raisons, la famille El Atrache déménage fréquemment et se voit contrainte de se réfugier en Égypte au début des années 20 pour échapper à d'éventuelles représailles françaises. La famille El Atrache se trouve alors dans le dénuement le plus complet, et Farid se voit rapidement obligé de travailler pour subvenir aux besoins de sa mère et sa soeur. Il arrive toutefois à suivre des cours de musique au conservatoire du Caire où il apprend les bases de la musique Arabe, le chant et le luth.
Sa virtuosité au luth devient rapidement phénoménale au point que beaucoup affirment qu'il est le plus grand joueur de luth de tous les temps. Dans les années 30, il commence à se produire dans des cabarets et pour des fêtes privées, et commence à imposer son style très particulier qui lui vaudra son surnom de "chanteur triste".
Par la suite, commence une carrière marquée par le succès aussi bien au cinéma (il joue dans plus de 30 films) que dans la musique (on compte plus de 300 compositions à son actif), déchaînant les foules dans tout le monde arabe lors de ses concerts où ses improvisations au luth en début de concert montrent à tous son talent inégalé.
Farid El Atrache a profondément influencé les générations de compositeurs qui l'ont suivi, ses imitateurs sont nombreux tant son style est caractéristique.
Farid a été l'un des premiers à emprunter à la musique occidentale aussi bien des formes musicales ( le tango ) que des instruments, tout en conservant un fond profondément oriental.
Ana Konta Fakrak Malak (JE CROYAIS QUE TU ETAIS UN ANGE) est un bel exemple que vous pouvez ecouter dans son intégralité dans le lien ci dessous comme tous les titres dont je parlerai.

Voilà pour la phase biographique.

Mais Farid el Atrache, c'est dans mon esprit et dans mon coeur bien plus que quelques dates et quelques chiffres.

Je me souviens de ces nuits d'été surréalistes, où mon pére sortait la tv sur la terrasse vers 23.00 et où nous regardions pour la éniéme fois une cassette VHS de Farid et Samia Gamal, le couple qui a du marquer mon inconscient plus que de raison, se retrouvant souvent dans des comédies à l'eau de rose, avec un scénario décousu et des acteurs de seconde zone...
Mais le volume poussé à l'extrême, nous attendions tous chaque chanson, chaque opérette, qui se diffusait dans l'air de notre village normand. Chaque film représentait l'époque nasserienne où le panarabisme s'exprimait jusque dans les chansons de l'artiste.
Ce qui me transporte le plus dans cet univers musical, c'est que l'on y retrouve à la fois une joyeuse mélancolie et une triste gaieté. J'aime aussi les changements de rythme, les changements de mélodie et la reprise du refrain, le tout dans la même chanson.
A cet instant, naît en moi une nostalgie d'une époque que je n'ai jamais vécue mais que j'ai simplement lu dans les yeux de mon père.
Les mélodies le transportaient et son regard s'évadait... et l'on riait au blagues idiotes de Smaïn el Yassin, notre Fernandel arabe.

Pour reparler du Couple Farid el Atrache-Samia Gamal, ils furent un couple à l'écran et dans la vie durant 4 ans, semble-t-il. D'ailleurs chose étonnante, alors que les scènes de baisers étaient proscrites à la maison, les roucoulades du couple n'ont jamais gênées personne:
Il chantait merveilleusement bien, elle dansait comme personne.Ils étaient beaux, lui les cheveux impeccablement gominés et elle le sourire étincellant.
Et c'est comme si toutes ces qualités magnifiaient tout ce qui habituellement pouvait être gênant ou honteux.
Mon âme fleur bleue vient, je le sais, de ses chansons qu'il chantait à l'arrière d'une calèche, une dulcinée à son bras.
Ou de ses rôles de pauvre artiste talentueux, prêt à sacrifier ses rêves pour une femme.

On dit pourtant que sa seule femme fût son Luth.
C'est un instrument que je trouve exceptionnel car au delà du son unique qu'il offre, il me semble toujours trahir les autres artistes qui osent l'utiliser. Ses cordes semblent ne vouloir retranscrire que les cordes vocales de Farid el Atrache.
Ainsi, à mes yeux, et mes oreilles, celui qui chante et qui joue du luth semble toujours être un imposteur, ou une pâle imitation que l'instrument dénonce.

D'un point de vue qualitatif, le meilleur film reste "Adieu mon amour "
(Wedaat Hobbak) en 1956 et realisé par Youssef Chahine avec Chadia, Ahmed Ramzy.
Le film est d'une magnifique et profonde tristesse et les chansons sont pour ainsi dire parfaites. La chanson Wedaat Hobbak est egalement disponible gratuitement et dans son intégralité dans le site .
En ce qui concerne la mise en scène des chansons, Negoum ELLEIL, qui signifie les étoiles de la nuit, restera à mes yeux magique à jamais. Le décor est soigné, les pianos, les bougies, le ciel étoilé et la musique est magnifiquement et incroyablement orientale.

Si je devais faire une séléction, le choix serait cornélien:

Rabir (la seule que je ne trouve pas sur ce site)
EH Faida Celle-ci m'émeut, me tue, m'ennivre, me caresse, m'achève...
Dayman Maak qui doit être mon premier souvenir audiovisuel de Farid el Atrache
Negoum Elleil
Habibi Fin
El Alb Albi à écouter au moins pour la mandoline du début
Min Yeeraf on peut entendre le vinyl grésiller quelques fois dans cette sublimissime chanson
Saa Bekorb el Habib
Ana Aref
Enta elli kont badawar alih
Mekhasmak ya albi .... pfff stafouloulah.... :)

c'est une trop grande responsabilité et je ne cesserai jamais de changer ce texte afin de rajouter un titre donc je vous donnerais ce simple conseil amical:

Ecoutez les toutes.

http://www.medi1.com/musique/liste_titres.php?t=&chanteur=FARID_EL_ATRACHE&l=debut

Posted by Hello

4 Comments:

Blogger doulabradshaw said...

LOUDER THAN A BOMB!
Bachir

11:36 AM  
Blogger Roberto Iza Valdes said...

This comment has been removed by a blog administrator.

7:45 PM  
Blogger Iza Roberto said...

Dear administrator:

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I ask you, if you would be so kind, to please delete or disregard those
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Many thanks and best wishes,

Iza, Roberto Iza

Muy Señores Míos:

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Gracias y recuerdos

Iza, Roberto Iza

5:17 AM  
Blogger sexy said...

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1:45 AM  

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