Wednesday, March 09, 2005

3 Rue des Voyageurs



Plus de 2 200 000 Marocains vivent hors des frontières du Royaume. Ils génèrent chaque année plus de 20 milliards de dirhams en transfert de devises, dont plus du tiers pendant les mois de juillet-août, pic traditionnel de retour au pays.

FRANCE

Et voilà ce mois de juin qui revenait.
Et comme chaque année que Dieu fait, les familles voisines, le sourire plein et le compte en banque vidé, venaient dire au revoir:
Certains, le porte- bagage bien ficelé, les bouteilles d'eau entassées, et d'autres, plus chanceux, une simple valise et un billet pour les airs.
Et bien sûr pour celui qui ne partait pas, arrivait la période de rage et de tristesse, dissimulé tant bien que mal sous un sourire de bonne route, bonne chance, amusez-vous bien et pas de bêtises les enfants.
Ce soir, pour celui-là, dans son sommeil, l'envie le reveillera, une envie fievreuse et furieuse d'aller là-bas animée par l'angoisse de rater la fête de l'année, le rendez-vous de sa vie.

Aller au 3 rue des Voyageurs.

Même si, une fois arrivé, il sait qu'il y revivra les mêmes pistes, les mêmes joies et les mêmes ennuis.

4h00: il réveilla sa femme et ses enfants.
Deux valises à la main, entre la porte d'entrée et la voiture, il demanda à sa fille de rassembler tous les passeports, tous à jour depuis déjà quelques mois, au cas où... Et de retrouver une carte routiére perdue depuis deux ans, qui devait se trouver quelque part parmis les vieilles valises à l'odeur de clou de girofle: Une carte que finalement, comme tout le monde sait, il ne lira pas.

Elle, elle connaissait ce rythme par coeur, chaque geste, chaque petite chose insignifiante à se remémorer:
Les sandwiches à préparer, le thermos de café à bien fermer, l'indispensable butagaz, les trousses de toilettes à garder prés de soi pour ne pas, à chaque arrêt, tout désordonner dans le coffre, les cadeaux achetés en janvier pour la famille, de la musique, trés importante la musique, un ou deux livres, sauf si on a le mal des transports, quelques couvertures et coussins pour dormir et ... finalement oublier ces trois jours de voyage.
Le soleil se lévait et tout le monde était assis à sa place, silencieux, pas complétement réveillé et trop bousculé pour s'endormir à nouveau. Aucune question. Ils partaient. C'est tout.

Aprés un détour par une station pour faire le plein d'essence, voilà le début d'une longue traversée de la France.
De la nationale, ils rejoignèrent l'autoroute la plus proche. C'était seulement une fois dans la voiture qu'ils se rendaient compte que cette route serait interminable, une autoroute sans fin, sans but, sans retour.
Enfermé dans une boîte d'acier pour 72 heures, en famille, le cauchemar des claustrophobes. Avec l'angoisse au bout de revoir l'"autre" famille, celle qui attend les bras ouverts et les mains pleines d'espoir... ou de problémes non résolus, c'est selon.

Les enfants s'ennuyaient et le pére grognait qu'il était trop tôt pour allumer l'autoradio.
Plus tard.
Quand il sera bien sûr de l'itinéraire à prendre, Paris, Orléans, Tours, Poitiers, Bordeaux, Bayonne... A13, A6, A10. Peut-être. Des villes qui défilaient, sans âme, sans odeurs et sans couleurs. D'ailleurs, tout le monde s'en moque de la couleur de Poitiers.
Pourtant les enfants commencaient déjà à avoir ce goût de vacances dans la bouche quand ils apercoivaient les autres dans leurs jolies voitures avec deux petites valises dans le coffre, une enfant aux joues roses qui jouait à un jeu de sociétè avec son petit frère.
Les parents souriaient.
Même leur chien souriait.
Un monde où tout semblait ordonné.

La fille dans la voiture au porte-bagage regarda autour d'elle. Ils roulaient seulement depuis une heure et c'était déjà le chaos. Des paquets de chips ouverts et inévitablement des miettes de chips au sol, une chaussure coincée sous le siége, des bouteilles d'eau vides, les couvertures en boule. Elle se pencha légèrement pour voir son reflet dans le rétroviseur qui lui rejetta immédiatement au visage ses cheveux en bataille et son teint jaune olive privé de soleil depuis si longtemps. Le ciel gris-noir, ce matin de 27 juin, n'annoncait en rien les gais départs en vacances, les chapeaux de pailles et les pâtés de sable chauds rafraîchies par les cascades de rire des enfants.
Excepté bien sûr pour la voiture d'à côté où le chien souriait toujours.

500 kilométres plus tard, le père accepta enfin d'allumer l 'autoradio.
Et c'est comme si un nouvel ami, le messi en personne, pénétrait dans ce huit clos. Un ami qui souffle les états d'âmes, qui gère l'humeur du moment et les sauve du labyrinthe solitaire de leurs pensées;
Une vieille chanson triste peut rendre ce petit monde mélancolique, nostalgique d'une vie rêvée à jamais impossible, et à l'instant suivant, une chanson rythmée ponctuée de refrains chalalala, redonne un goût de fête au voyage et tout ce grand monde se prête au jeu de l'excitation, simulant presque bien l'euphorie, et qui se dit que peut-être, ca ne sera pas si mal cette fois.
Quand l'autoradio se mit en marche, c'est le genre de ballades mi-figue mi-raisin qui enveloppa la voiture, une chanson pleine de tristesse mais qui laisse quand même de bonne humeur.
Rod Stewart se retrouvea assis entre les enfants et les paquets de gâteaux à chercher Baby Jane.
Il promit de descendre à la prochaine pause pipi.


Le père en avait assez de conduire et même si sa femme avait son permis, il préfèrait attendre d'arriver en Espagne pour la laisser prendre le volant. Ils laissèrent Rod Stewart sur l'aire d'Autoroute à Bordeaux et c'est Julio Iglesias qui dût le remplacer, pour leur dire qu'en amour il avait souvent gagné mais que cette fois il avait perdu. La mère l'écoutait les larmes aux yeux. La fille, elle, s'ennuyait ferme.
Ils abordaient le sud de la France. C'est souvent là qu'ils croisaient les portuguais qui descendaient également.
C'était assez facile de repérer les portuguais:
ils avaient génèralement eux aussi un porte bagage mais protégé par une coque et non par une bache. Leurs voitures aussi génèralement étaient plus jolies, même si depuis quelques années, du côté maghrebin on commencait à investir dans la carrosserie. Mais le père, lui, était du genre pratique: un bon J5 c'était toujours mieux qu'un cabriolet.
Il y avait toujours quelques signes, quelques échanges silencieux entre les voitures de différentes origines ; jusqu'à ce que le porte bagage coqué prenne une autre bretelle d'autoroute...

Ils passèrent la première nuit dans la voiture sur un parking, éclairés par la lumière jaune orangée de quelques lampadaires et avec le moteur des voitures qui passaient à tout allure pour seuls compagnes.Avec tout de même un autre J5 à bache à droite et un camionneur allemand à gauche.

Le lendemain ils approchaient de la frontière espagnole. Quand le ciel devenait plus gris, l'air plus épais, la fille savait qu'elle allait fermer les yeux pendant un bon moment. Les pyrénèes lui avaient toujours fait peur. Même si les routes avaient été ameliorées depuis un certain temps, les espagnoles avaient tendance à doubler à droite comme à gauche et elle avait vu plusieurs accidents se produire sur ce parcours. Dans ces moments elle se demandait si cela valait la peine de faire tout ce chemin sans savoir ce qui les attendait une fois arrivés. Rafler toutes les économies et risquer sa vie pour d'hypothetiques vacances, c'était cher payé.
Pendant qu'elle fermait les yeux, Barbara Streisand lui chuchotait la manière dont elle vivait auparavant . C'était génèralement le genre de chanson qu'affectionait la fille au porte bagage. Comme elle n'avait encore rien vécu, elle aimait entendre la nostalgie des beaux jours, celle qu'elle attendait avec impatience. En attendant de les vivre, elle les revivait.


Espagne

Hola. Ca y est, ils étaient en Espagne. Le sourire ouvert et chaleureux comme une porte de prison de la douanière indiquait qu'ils changeaient de pays. D'être acceuillis toujours de la même manière partout, ça ne blesse pas. La France refilait ses immigrès à l'Espagne le temps d'un été et l'Espagne ne supportait plus le défilé incessant des portes-bagages du 27 juin au 31 aout.
La Péninsule Ibérique rêvait tout haut que ces sans domiciles fixes restent une fois pour toutes quelque part mais pas chez elle.
Barbara était partie raconter ses malheurs à la douanière qui s'en fichait complétement et qui accueuillait avec la même joie les nouveaux arrivants. Heureusement Gloria Estefan et le docteur Beat qui faisaient du stop en route pour San Sebastian avaient décidé de raviver la joie dans la voiture.
Le soleil commencait à apparaître. Outre la douanière, ils savaient qu'ils changeaient de pays par la couleur du sol et du ciel. Le gris bleu de la France était maintenant derrière et bientôt ils verront le bleu ocre espagnole. Ils décidèrent de s'arrêter dans un cafè d'un petit village avant de reprendre l'autoroute. Les enfants cherchaient leurs chaussures perdues sous les siéges, la fille se recoiffa rapidement et pris sa trousse de toilette en descendant de la voiture. Quand ils entrèrent dans le cafè, le type au bar demanda :
Marocchi ? No.
Gentiment invités à sortir, eux, les chaussures et la trousse de toilette, ils reprirent la route et prirent finalement un café dans une station d'essence de l'autoroute où ils passeraient inaperçus. Ils en profitèrent pour faire le plein et les enfants se lavèrent le visage dans les toilettes de la cafèteria. Ils rencontraient génèralement d'autres enfants et adolescents qui venaient du même endroit et qui allaient vers la même destination. Des sourires timides et entendus pouvaient s'échanger mais cela s'arrêtait là, cela ne servait à rien de se lier d'amitié car la plupart du temps ils se perdaient de vue assez rapidement.
De nouveau sur les routes, plus frais, la vessie suffisament vidée pour les deux ou trois prochaines heures, la famille J5 porte-bagage descendait le nord de l'Espagne. Le paysage était vert et par moment à cause de la fatigue, des courbatures des nuits passées à dormir assis, et le ciel encore un peu gris des pyrénées, il semblait faire encore plus froid que dans le nord français. Il fallait donc sortir les couvertures et les pulls. Cela n'avait rien d'estival. Un safari aurait été plus glamour et moins dangereux.
La fille, dans ces moments hurlait sa rage silencieusement alors que Madonna, ironique, chantonnait qu'il fallait fêter l'arrivée des vacances. La fille au porte-bagage demanda gentiment à son père d'envoyer la Ciccone par la fenêtre et de chercher quelqu'un d'autre à la place. Ils en essayèrent plusieurs : un groupe de flamenco mais ils étaient trop nombreux et trop bruyants, une inconnue qui ne leur inspirait pas confiance et qu'ils n'avaient jamais entendu auparavant, Rod Stewart supplia de revenir mais tout le monde était d'accord pour dire qu'il fallait qu'il oublie sa baby jane... ou sinon qu'il se trouve une autre famille qui veuille bien entendre son histoire. C'est finalement à quelques kilomètres de Madrid qu'ils trouvèrent Whitney Houston , misèrable, qui attendait et voulait garder son amour pour un type qui avait une autre femme. Ils la gardèrent un petit moment, car même si elle n'avait rien d'interessant à dire, elle plaisait à tout le monde, elle et ses histoires mièvres.

C'est toujours à ce moment du parcours que les problèmes les plus casse-pieds arrivaient.
Il y avait quelques signes précurseurs. Cette fois, c'était un break immatriculé français qui faisait marche arrière sur la voie d'urgence de l'autoroute : il avait dû manquer une bretelle...
Il y avait en gros trois cauchemars en Espagne : Madrid, les pannes et la police.
Si les trois arrivaient en même temps...

Pour Madrid, il fallait simplement rester dans la périphèrie, ne pas se tromper avec les chiffres romains IV ou VI , sinon une fois entré dans la ville, il fallait compter le double du temps pour en sortir, voire plus s'il faisait nuit.
Les pannes dèpendaient de l'état de la voiture : du pneu crevé à la fuite d'huile tout était possible.L'accident était rarement mentionné, mieux valait ne pas réveiller la poisse déjà bien collante.
Les policiers allaient souvent de paire avec les pannes. Et leurs uniformes étaient certainement conçus pour faire pâlir le plus brave des conducteurs.
Pour la famille porte-bagage j5, ils passaient avec succés l'épreuve de la panne et de la capitale. L'année précedente, ils avaient eu cependant un contrôle policier: le J5 était dans un état assez lamentable mais le policier et son chien ne semblait pas s'en préoccuper.
Le chien reniflait partout. Le policier aussi.
Il remarqua que le plafond à l'intèrieur du camion était plus épais à certains endroits. Il prit un tournevis et planta à plusieurs reprises et à plusieurs endroits la toiture.
Qu'est-ce qu'il cherche demandèrent les enfants au père ?
De la drogue, répondit celui-ci.
Les enfants amusés demandèrent au père de dire que la voiture était simplement pourrie.
Ils se ravisèrent quand ils virent le regard moins amusé du policier. Pas de trace de drogue, seulement depuis ce temps des trous un peu partout au dessus de leurs têtes.
Après Madrid, le père fatigué demanda à sa femme de prendre le volant, elle conduirait ainsi jusqu'à Algesiras.
Il commençait à faire très chaud. Ils ne verront et ne sentiront pendant plusieurs heures que la forte odeur des oliviers.
Des champs d'oliviers à perte de vue.
La couleur des oliviers.
Des olives.
Et une chaleur insoutenable. Ils avaient achetés des bouteilles d'eau de marque espagnole dont le goût semblaient meilleur que l'eau francaise. Peut-être à cause de la forme de la bouteille.

La mère conduisait pendant que le père piquait une sieste. C'était toujours étrange de dormir dans la voiture. Au réveil, le paysage est différent et la notion de temps est complétement faussée. Pendant que le père dormait, les enfants guidaient la mère. Ils se perdirent bien évidemment et attérirent au beau milieu d'un village désert d'Andalousie.
Complétement perdus, la fille, elle serait bien partie à Rio même avec Claude François.
Comme les enfants voulaient faire pipi, la mère décida que perdu pour perdu, autant s'arrêter dans un café demander son chemin et laisser le père dormir dans la voiture. Ils s'arrêtèrent devant un bâtiment assez singulier qui tranchait avec le décor bleu-ocre du désert d'oliviers. Une vieille bâtisse peinte d'une belle couleur framboise. Il y avait un serveur à l'entrée qui semblait assez étonné de voir ce J5 avec toute cette marmaille débarquer de nulle part. Tellement étonné d'ailleurs qu'il laissa la mère et ses enfants entrer.
Ces derniers ressortirent aussitôt, aussi framboise que la bâtisse.
Ils avaient une chance sur cinq de tomber en panne, trois chances sur cinq de se perdre, et certainement une chance sur un million de tomber sur un bar gay andaloux.
La mère reprit la route et par chance retrouva la route pour Algesiras avant que le père ne se réveille.

Ils passèrent par Malaga de nuit, à 23 heures.
Passer par Malaga un samedi soir, c'était dur à vivre. Dur de voir la jeunesse dorée espagnole s'amuser à travers la fenêtre de la camionette, certains, heureux comme dans une pub de boisson gazeuse dans leurs cabriolet, et qui les narguaient à l'arrêt d'un feu.

En sortant de cette ville bruyante et éclairée, les routes noires qui menaient au bateau renvoyaient avec encore plus d'éclat l'ennui et la solitude. Et les chanteuses berbères qu'avaient invitées le père, las des ballades occidentales, rythmaient le chemin vers les sombres montagnes qui pointaient à l'horizon.
Plus ils approchaient du port, plus ils prenaient de l'altitude.
Plus les éoliennes semblaient immenses, plus les portes-bagages se suivaient.
Algesiras était à 10km et les bouchons commençaient déjà.
C'était mauvais signe.
Il faisait prés de trente degrés à 6h00 du matin. Il fallait entrer en ville puis prendre un ticket dans une agence pour aller soit à Ceuta soit à Tanger. Ils emprunteraient cette année Tanger. Mais il fallait déjà atteindre le port.
En entrant à Algesiras, ils purent constater les dégats. Ils en avaient pour 2 jours au moins d'attente avant de pouvoir prendre le bateau. C'était raté pour les soixante douze heures. En attendant d'avoir accés au parking du port, ils se garèrent en ville.
Cuisant littéralement à l'intèrieur de la voiture, la fille regardait les espagnoles en train de rincer le sable qui collait à leur peau sous le jet des douches de la plage.
Elle n'osait plus demander à ses parents d'aller se baigner. Pour eux, on ne pouvait s'amuser qu'au Maroc. Pas de divertissement sur la route, c'était une perte de temps.
Ils prirent tout de même une glace en attendant mais pas trop loin. Il fallait toujours être prêt si la circulation avançait pour se rapprocher un peu plus du but. De jour comme de nuit, il fallait se dêpecher de monter dans la voiture, d'allumer le moteur et de gagner quelques mètres. Souvent, des enfants de 10 ans, laissés seuls dans la voiture, conduisaient eux-même sur ce parcours cédant sous la pression et les éclats de voix des automobilistes qui attendaient derrière.
Par moment, c'était une fausse alerte et le moteur restait allumé pendant une demi heure pour rien. Il valait donc mieux prévoir un plein d'essence avant de s'engager dans ce cauchemar.

Le parking était à la fois un spectacle touchant et déprimant.
Ici ils étaient tous les mêmes.
Un no-man's land crée involontairement par eux et pour eux, embarqués dans la même détresse d'être acceptés quelque part, ballotés dans des bateaux à l'entretien douteux.
Mais ils étaient entre eux. Des portes bagages à perte de vue.
Entre familles si diffèrentes et si semblables avec parmi eux, les Jacksons 5, Omar Diab, Mariah Carey en duo avec Oudaden... Tout ce monde embarqué dans la même aventure...
Il y avait sur le parking les voitures avec des baches bleus, ceux là étaient français; Ceux avec une bache orange étaient génèralement hollandais. Et puis aussi les immigrés d'Italie qui eux avaient encore du mal à faire leur place. Ils étaient tout neufs, ils avaient encore ce quelque chose de là-bas, un arrière goût de clandestin que les enfants d'immigrés reconnaissent au premier coup d'oeil.

Le rythme des voitures était lent. Et la chaleur ralentissait tout.

Et puis soudain vers huit heures du soir, tout s'accélera. Les klaxons hurlaient, les moteurs chauffaient, les enfants s'improvisaient encore une fois conducteurs, d'autres se perdaient à chercher leurs parents. Tout avançait vite et l'ordre de passage était chaotique.

Un employé du port malchanceux dû alors jouer à l'agent de circulation quand un père de famille apparemment excité avança malgré les interdictions. Le jeune homme tapota sur le capot de la voiture pour calmer le conducteur ce qui provoqua bien évidemment l'effet inverse.
Les yeux révulsès de fatigue et de colère, celui-ci extirpa une sorte de batte de sa voiture pour cogner sur l'employé, devenu vert de peur, pendant que les enfants du fou furieux, les têtes sorties de la camionnette, lui hurlaient de courir s'il voulait sauver sa peau. D'autres conducteurs, les nerfs à vifs par le trajet, les galères et pour finir ce spectacle, sortirent de leurs vehicules et entamèrent une mutinerie. Une quinzaine d'hommes se retrouvèrent à hurler contre les employés, les mères mortes de honte et les enfants morts de rire.

Mais tout ceci prit fin rapidement. Un nouveau bateau arriva.

La famille J5 porte-bagage bâche bleue avançait bien. Ils avaient raté cependant un bateau à cause d'un habituel incident : Une femme criait au scandale et les accusait de vol. Ses ceintures et ses bracelets en or avaient disparu et elle hurla que personne ne bougerait tant qu'elle n'aurait pas fouillée cette camionnette. Elle ne trouva rien sauf bien sur les ceintures et bracelets en or de la mère, qui selon elle, ressemblait fortement aux siens.

Mais tout ceci prit fin rapidement. Un nouveau bateau arriva...
Posted by Hello
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