Sunday, March 20, 2005


Posted by Hello

On ira tous au Paradis, même moi.

J'entends parler. J'entends des dogmes religieux. Et je me pose des questions.
Depuis quelques temps, on me martèle avec le terme "hassanette". On m'explique que ce sont les points que l'on cumule lors d'une vie pour accéder au paradis.
Au début, je crois que l'on profite de ma naïveté religieuse pour se moquer de moi. Mais mes interlocuteurs me regardent l'air navré et se sentent dans l'obligation morale de me renseigner à ce sujet.
Je comprends au fur et à mesure qu'ils veulent par la même occasion gagner des points en remettant une soeur dans le droit chemin... alors que moi je le trouve bien tracé mon chemin, il n'est pas parfait certes mais c'est mon chemin. Il y a quelques pierres qui traînent ici et là mais c'est en trébuchant dessus que mon cerveau fonctionne, que je ramasse la pierre, en comprend sa composition, sa couleur, analyse sa forme, respire son odeur et pourquoi cet élément se trouve ici et pas ailleurs. Ainsi quand je recroise son chemin, je ne le vois pas comme un éventuel danger, une peur causée par mon ignorance, mais comme un évènement qui se trouve là pour une raison bien précise et qui ne m'effraie pas puisque je le connais.

Combien de points pour mon Paradis?

Enfin bref, mes interlocuteurs veulent me débarrasser de ces pierres que moi j'ai appris à aimer. Ils me parlent du nombre de bonnes actions à cumuler afin d'avoir un VIP Pass au paradis.
Je ne savais pas qu'une politique capitaliste était transposable à la quête de quiétude. Un rendement efficace, des heures sup' et un investisssement à long terme, à la fin je ne sais pas si on me parle toujours du paradis mais du nouveau plan social de Total Fina.
Et les hassanettes en sont les points Esso.

J'ai toujours eu un rapport mystique à Dieu. Un rapport direct et une foi dans un lien intime et sacré, cependant sans explication. J'ai tendance à me mefier de tous ceux qui veulent me prouver par tous les moyens leur attachement à Dieu, qui cherchent-ils à convaincre?
Mes meilleurs conseillers, mes plus proches confidents, mes guides spirituels sont des religieux musulmans, pleins de sagesse, sans prétention, sans jugement et à l'écoute.
A l'écoute.
Des êtres qui ont étudié les textes et sourient malicieusement aux interprétations anarchistes. Ils sont généreux par leur conseil, tendre par leur affection et possédent une éthique sans faille.
Ils m'ont sauvé, me rendent la vie belle et je les aime.
Je crois souvent que le paradis est en leur simple compagnie.

Je trouve alors que ce procédé de hassanette est en dehors du schéma de l'altruisme.
Où est l'humanisme, la générosité, l'abandon de soi quand aprés chaque acte, on compte ses points comme on compte ses billets un jour de salaire?

Un évènement m'a profondément marqué. Il m'a troubé. Et enervée.

Quand mon père, qu'il repose en paix, nous a quitté, alors que je pleurais sa personnalité hors du commun, ses eclats de rire, ses eclats de voix, ses rides, son regard, sa gestuelle, son odeur...ma cousine commença à faire le décompte des bonnes actions de mon père et finissa ravie en me disant que je ne devais pas m'inquieter et qu'il devait se trouver au paradis puisqu'il avait fait son pélerinage avant de mourir. Elle en oubliait qui il etait.Elle m'en parlait comme une notion et non plus comme un homme.
Il devenait juste un concept.
Le seul but, c'est d'avoir accés aux portes du paradis. On en oublie l'identité du défunt, ses actes, ses blessures, ses joies, sa singularité.
Ils banalisaient mon père avec leur discours.
J'aurai pu les gifler pour leur montrer à quel point ce concept et son fruit étaient bien une identité réelle.

C'est la mondialisation de la piété. Une grande entreprise oú chaun doit accomplir les mêmes tâches, accomplir ses devoirs pour pointer aux portes de Saint Pierre?
C'est une façon de voir les choses. Mais qu'on ne vienne pas me parler des gens que j'aime dans un discours dogmatique, stérile et égoïste, qu'on ne globalise pas ma peine, qu'on n'envisage pas mon émoi comme un convertisseur de devises, selon le taux de change du jour, et qu'on ne me dise pas quelles seront le nombre d'actions au paradis que je risque de perdre si je n'arrive pas à retenir mes larmes.
Allez trouver un autre actionnaire, prêt à investir dans la miséricorde tariffée.

Pour étoffer mon argumentaire que l'on risque de juger, intempestif, écrit sous le joug de la tristesse et de la colère, ce qui est aussi le cas je l'avoue, voici des extraits d'un site que je viens de découvrir:

"Test de QI : Le premier test qui te permet de déterminer ton Quotient Islamique.

Quand je vois une personne, elle me fait automatiquement penser à quelque chose de plus ou moins précis. Par exemple, il y a quelqu'un qui me fait toujours penser aux ordinateurs. Tout ça parce qu'il passe son temps sur ces machines. Il y a une autre personne qui me fait toujours penser à l'Islam tellement il suit l'exemple du Prophète (saws).
Ainsi, si on demande à une personne quel est le mot qui lui vient à l'esprit quand elle nous voit, on obtient souvent le résumé de notre personnalité. Personnellement, je ne serais pas très heureux si les gens disaient qu'ils pensent à "téléphone portable" ou à "dragueur" quand ils me voient. Au contraire, je serais heureux qu'ils disent "Allah", "Mouhammad" ou "Coran".


Ce que tu dois faire pour calculer ton Quotient Islamique

1) Dès que tu le peux, choisis 20 personnes dans ton entourage. Dix doivent être musulman(e)s et dix ne doivent pas être musulman(e)s.
2) Pose la question suivante à ces 20 personnes : "Quel est le premier mot qui te vient à l'esprit quand tu me vois ?". Si la personne dit plusieurs mots, demande-lui de n'en choisir qu'un. Si nécessaire, demande-lui de choisir celui qui te décrit le mieux.
3) Note soigneusement la réponse.

Quand tu as les 20 réponses, tu es prêt(e) à calculer ton Quotient Islamique.
Compare les mots que tu as à ces trois listes. Si ton mot est dans une des listes, note le nombre de points correspondant. Quand tu as fini de faire ça avec les 20 mots, additionne tous les points que tu as. Tu devrais avoir un nombre entre 0 et 20. Ce sera ton premier nombre.


Mots à 1 point: Islam, Allah, Prophète, Coran, piété, prière, jeûne, musulmans, hijab, mosquée et tout ce qui se rapporte à l'Islam.
Mots à 1/2 point : barbe, kamis, jellaba, sourire et tout ce qui a un lien plus ou moins direct avec l'Islam.
Mots à 0 points : portable, bouffe, dodo, sandwich grec, carotte, racaille, crapule, menteur, voleur, argent, cabriolet, voiture, lacoste, Nike, Reebok, Fila, NBA, rap, biz et tout ce qui se rapporte au monde matériel.


Ensuite, essaie de te souvenir combien de fois tu as pleuré la semaine qui vient de passer pendant que tu priais ou que tu lisais le Coran. Chaque fois que tu as pleuré correspond à un point. La somme de toutes les fois que tu as pleuré sera ton deuxième nombre. Les autres fois que tu as pleuré ne sont pas valables, sauf si tu as pleuré en pensant à Allah.
Ton Quotient Islamique est la somme des deux nombres que tu viens de calculer.
Voila comment interpréter ton résultat


1) Si tu as 0 points : ALERTE ROUGE ! Mon pauv' gars (ma pauv' fille) ! T'es en galère ! Si tu continues comme ça, t'es cuit ! Bouge-toi ! Lis le Coran et souviens-toi que la Mort arrive à grands pas. Il faut absolument que tu fasses quelque chose. Le monde matériel t'a rendu aveugle, mon pauvre ami. Traîne avec des musulman(e)s et va à la mosquée. Il faut agir vite ! Et s'il te plait, fais des dou'as pour moi car Allah aime les personnes qui reviennent vers Lui après l'avoir oublié. En plus, je n'ai pas encore fait ce test à l'heure où j'écris et il se peut vraiment qu'on soit dans le même cas toi et moi. Souviens-toi de l'homme qui avait tué 100 personnes et qui s'est repenti sincèrement. Il est au Paradis.
2) Si tu as entre 1 et 5 points : Wow, c'est pas du joli ! Tu n'es pas le der des der mais il faut sérieusement que tu te ressaisisses ! Sois moins matérialiste et pense à la Mort. Nous sommes ici pour adorer Allah et c'est tout. Fais des dou'as pour moi s'il te plait, j'ai peur d'aller en Enfer :
3) Si tu as entre 6 et 10 points : Pas mal du tout. Si tu ne m'as pas encore contacté, fais le Insha Allah. Continue de prier et de jeûner beaucoup. Reveille-toi pour prier la derniere partie de la nuit (une heure avant Fajr, c'est déja très bien). Parle de l'Islam à tous ceux qui t'entournent et sois comme le Prophète (saws), souriant, juste, gentil, etc. Insha Allah, continue à demander à Allah de te pardonner et de t'aider. Tu peux mieux faire.
4) Si tu as entre 11 et 15 points : Ah ce que je vois, on est dans la cour des grands. Tu sais quoi ? Beaucoup de personnes aimeraient être à ta place. Remercie toujours Allah pour ce qu'Il t'a donné et pour ce qu'Il continue à te donner, y compris la Foi. Tu es sur la bonne voie, mais ce n'est vraiment pas le moment de t'endormir sur tes lauriers. La Mort arrive très vite et qui sait ce que tu diras aux anges Mounkir et Nakir qui te questionneront dans ta tombe. Fais des du'as autant que tu peux.
5) Si tu as entre 16 et 19 points : Masha Allah ! Toi aussi tu parais être sur la bonne voie. Pas mal du tout ! Va falloir que je fasse d'énormes progrès pour arriver à ton niveau. Insha Allah, fais beaucoup de dou'as pour moi. Toi, tu connais le pouvoir des dou'as et c'est pourquoi ta foi est comme elle est. Qu'Allah te garde sur le droit chemin. Amine.
6) Si tu as 20 points ou plus : Appelle-moi !!! Ecris-moi, mon email est abdurrachid@air-islam.com Je veux absolument passer mon temps à côté de toi en espérant que je deviendrai comme toi. Je ne sais pas si tu es de ceux que le Prophète Mouhammad (saws) appelait "mes frères" en disant d'eux qu'ils viendraient après sa mort. Même les compagnons pleuraient car ils voulaient être ces "frères" du Prophète (saws). Mon frère, ma soeur, fais beaucoup d'invocations pour moi et pour tous les musulmans. Et n'oublie pas de m'écrire !!


Note : le Quotient Islamique est personnel et ne doit être utilisé que pour s'auto-évaluer afin de se rendre compte de l'état de sa foi. Après avoir calculé notre QI, la plupart d'entre nous vont vraiment se rendre compte qu'ils ne sont pas vraiment ce qu'ils croient être et que des mesures extrêmes sont à prendre très rapidement si on veut vraiment aller au Paradis. Qu'Allah nous protège et nous pardonne nos fautes. Amine. "
http://www.air-islam.com/grain/test.htm

Aprés ca, je préfère écouter la chanson de Polnareff,
A bon entendeur, Salut.



Saturday, March 19, 2005

Need some Sunshine?

Pour vos journées grises, je vous présente mes amies :

Marielle et une noix de coco.
Fabienne et un short bleu.

Alors? Ca va pas mieux?? :)

Uma doçura em Bahia

 Posted by Hello

Uma Adorável Rapariga
 Posted by Hello

Wednesday, March 09, 2005

3 Rue des Voyageurs



Plus de 2 200 000 Marocains vivent hors des frontières du Royaume. Ils génèrent chaque année plus de 20 milliards de dirhams en transfert de devises, dont plus du tiers pendant les mois de juillet-août, pic traditionnel de retour au pays.

FRANCE

Et voilà ce mois de juin qui revenait.
Et comme chaque année que Dieu fait, les familles voisines, le sourire plein et le compte en banque vidé, venaient dire au revoir:
Certains, le porte- bagage bien ficelé, les bouteilles d'eau entassées, et d'autres, plus chanceux, une simple valise et un billet pour les airs.
Et bien sûr pour celui qui ne partait pas, arrivait la période de rage et de tristesse, dissimulé tant bien que mal sous un sourire de bonne route, bonne chance, amusez-vous bien et pas de bêtises les enfants.
Ce soir, pour celui-là, dans son sommeil, l'envie le reveillera, une envie fievreuse et furieuse d'aller là-bas animée par l'angoisse de rater la fête de l'année, le rendez-vous de sa vie.

Aller au 3 rue des Voyageurs.

Même si, une fois arrivé, il sait qu'il y revivra les mêmes pistes, les mêmes joies et les mêmes ennuis.

4h00: il réveilla sa femme et ses enfants.
Deux valises à la main, entre la porte d'entrée et la voiture, il demanda à sa fille de rassembler tous les passeports, tous à jour depuis déjà quelques mois, au cas où... Et de retrouver une carte routiére perdue depuis deux ans, qui devait se trouver quelque part parmis les vieilles valises à l'odeur de clou de girofle: Une carte que finalement, comme tout le monde sait, il ne lira pas.

Elle, elle connaissait ce rythme par coeur, chaque geste, chaque petite chose insignifiante à se remémorer:
Les sandwiches à préparer, le thermos de café à bien fermer, l'indispensable butagaz, les trousses de toilettes à garder prés de soi pour ne pas, à chaque arrêt, tout désordonner dans le coffre, les cadeaux achetés en janvier pour la famille, de la musique, trés importante la musique, un ou deux livres, sauf si on a le mal des transports, quelques couvertures et coussins pour dormir et ... finalement oublier ces trois jours de voyage.
Le soleil se lévait et tout le monde était assis à sa place, silencieux, pas complétement réveillé et trop bousculé pour s'endormir à nouveau. Aucune question. Ils partaient. C'est tout.

Aprés un détour par une station pour faire le plein d'essence, voilà le début d'une longue traversée de la France.
De la nationale, ils rejoignèrent l'autoroute la plus proche. C'était seulement une fois dans la voiture qu'ils se rendaient compte que cette route serait interminable, une autoroute sans fin, sans but, sans retour.
Enfermé dans une boîte d'acier pour 72 heures, en famille, le cauchemar des claustrophobes. Avec l'angoisse au bout de revoir l'"autre" famille, celle qui attend les bras ouverts et les mains pleines d'espoir... ou de problémes non résolus, c'est selon.

Les enfants s'ennuyaient et le pére grognait qu'il était trop tôt pour allumer l'autoradio.
Plus tard.
Quand il sera bien sûr de l'itinéraire à prendre, Paris, Orléans, Tours, Poitiers, Bordeaux, Bayonne... A13, A6, A10. Peut-être. Des villes qui défilaient, sans âme, sans odeurs et sans couleurs. D'ailleurs, tout le monde s'en moque de la couleur de Poitiers.
Pourtant les enfants commencaient déjà à avoir ce goût de vacances dans la bouche quand ils apercoivaient les autres dans leurs jolies voitures avec deux petites valises dans le coffre, une enfant aux joues roses qui jouait à un jeu de sociétè avec son petit frère.
Les parents souriaient.
Même leur chien souriait.
Un monde où tout semblait ordonné.

La fille dans la voiture au porte-bagage regarda autour d'elle. Ils roulaient seulement depuis une heure et c'était déjà le chaos. Des paquets de chips ouverts et inévitablement des miettes de chips au sol, une chaussure coincée sous le siége, des bouteilles d'eau vides, les couvertures en boule. Elle se pencha légèrement pour voir son reflet dans le rétroviseur qui lui rejetta immédiatement au visage ses cheveux en bataille et son teint jaune olive privé de soleil depuis si longtemps. Le ciel gris-noir, ce matin de 27 juin, n'annoncait en rien les gais départs en vacances, les chapeaux de pailles et les pâtés de sable chauds rafraîchies par les cascades de rire des enfants.
Excepté bien sûr pour la voiture d'à côté où le chien souriait toujours.

500 kilométres plus tard, le père accepta enfin d'allumer l 'autoradio.
Et c'est comme si un nouvel ami, le messi en personne, pénétrait dans ce huit clos. Un ami qui souffle les états d'âmes, qui gère l'humeur du moment et les sauve du labyrinthe solitaire de leurs pensées;
Une vieille chanson triste peut rendre ce petit monde mélancolique, nostalgique d'une vie rêvée à jamais impossible, et à l'instant suivant, une chanson rythmée ponctuée de refrains chalalala, redonne un goût de fête au voyage et tout ce grand monde se prête au jeu de l'excitation, simulant presque bien l'euphorie, et qui se dit que peut-être, ca ne sera pas si mal cette fois.
Quand l'autoradio se mit en marche, c'est le genre de ballades mi-figue mi-raisin qui enveloppa la voiture, une chanson pleine de tristesse mais qui laisse quand même de bonne humeur.
Rod Stewart se retrouvea assis entre les enfants et les paquets de gâteaux à chercher Baby Jane.
Il promit de descendre à la prochaine pause pipi.


Le père en avait assez de conduire et même si sa femme avait son permis, il préfèrait attendre d'arriver en Espagne pour la laisser prendre le volant. Ils laissèrent Rod Stewart sur l'aire d'Autoroute à Bordeaux et c'est Julio Iglesias qui dût le remplacer, pour leur dire qu'en amour il avait souvent gagné mais que cette fois il avait perdu. La mère l'écoutait les larmes aux yeux. La fille, elle, s'ennuyait ferme.
Ils abordaient le sud de la France. C'est souvent là qu'ils croisaient les portuguais qui descendaient également.
C'était assez facile de repérer les portuguais:
ils avaient génèralement eux aussi un porte bagage mais protégé par une coque et non par une bache. Leurs voitures aussi génèralement étaient plus jolies, même si depuis quelques années, du côté maghrebin on commencait à investir dans la carrosserie. Mais le père, lui, était du genre pratique: un bon J5 c'était toujours mieux qu'un cabriolet.
Il y avait toujours quelques signes, quelques échanges silencieux entre les voitures de différentes origines ; jusqu'à ce que le porte bagage coqué prenne une autre bretelle d'autoroute...

Ils passèrent la première nuit dans la voiture sur un parking, éclairés par la lumière jaune orangée de quelques lampadaires et avec le moteur des voitures qui passaient à tout allure pour seuls compagnes.Avec tout de même un autre J5 à bache à droite et un camionneur allemand à gauche.

Le lendemain ils approchaient de la frontière espagnole. Quand le ciel devenait plus gris, l'air plus épais, la fille savait qu'elle allait fermer les yeux pendant un bon moment. Les pyrénèes lui avaient toujours fait peur. Même si les routes avaient été ameliorées depuis un certain temps, les espagnoles avaient tendance à doubler à droite comme à gauche et elle avait vu plusieurs accidents se produire sur ce parcours. Dans ces moments elle se demandait si cela valait la peine de faire tout ce chemin sans savoir ce qui les attendait une fois arrivés. Rafler toutes les économies et risquer sa vie pour d'hypothetiques vacances, c'était cher payé.
Pendant qu'elle fermait les yeux, Barbara Streisand lui chuchotait la manière dont elle vivait auparavant . C'était génèralement le genre de chanson qu'affectionait la fille au porte bagage. Comme elle n'avait encore rien vécu, elle aimait entendre la nostalgie des beaux jours, celle qu'elle attendait avec impatience. En attendant de les vivre, elle les revivait.


Espagne

Hola. Ca y est, ils étaient en Espagne. Le sourire ouvert et chaleureux comme une porte de prison de la douanière indiquait qu'ils changeaient de pays. D'être acceuillis toujours de la même manière partout, ça ne blesse pas. La France refilait ses immigrès à l'Espagne le temps d'un été et l'Espagne ne supportait plus le défilé incessant des portes-bagages du 27 juin au 31 aout.
La Péninsule Ibérique rêvait tout haut que ces sans domiciles fixes restent une fois pour toutes quelque part mais pas chez elle.
Barbara était partie raconter ses malheurs à la douanière qui s'en fichait complétement et qui accueuillait avec la même joie les nouveaux arrivants. Heureusement Gloria Estefan et le docteur Beat qui faisaient du stop en route pour San Sebastian avaient décidé de raviver la joie dans la voiture.
Le soleil commencait à apparaître. Outre la douanière, ils savaient qu'ils changeaient de pays par la couleur du sol et du ciel. Le gris bleu de la France était maintenant derrière et bientôt ils verront le bleu ocre espagnole. Ils décidèrent de s'arrêter dans un cafè d'un petit village avant de reprendre l'autoroute. Les enfants cherchaient leurs chaussures perdues sous les siéges, la fille se recoiffa rapidement et pris sa trousse de toilette en descendant de la voiture. Quand ils entrèrent dans le cafè, le type au bar demanda :
Marocchi ? No.
Gentiment invités à sortir, eux, les chaussures et la trousse de toilette, ils reprirent la route et prirent finalement un café dans une station d'essence de l'autoroute où ils passeraient inaperçus. Ils en profitèrent pour faire le plein et les enfants se lavèrent le visage dans les toilettes de la cafèteria. Ils rencontraient génèralement d'autres enfants et adolescents qui venaient du même endroit et qui allaient vers la même destination. Des sourires timides et entendus pouvaient s'échanger mais cela s'arrêtait là, cela ne servait à rien de se lier d'amitié car la plupart du temps ils se perdaient de vue assez rapidement.
De nouveau sur les routes, plus frais, la vessie suffisament vidée pour les deux ou trois prochaines heures, la famille J5 porte-bagage descendait le nord de l'Espagne. Le paysage était vert et par moment à cause de la fatigue, des courbatures des nuits passées à dormir assis, et le ciel encore un peu gris des pyrénées, il semblait faire encore plus froid que dans le nord français. Il fallait donc sortir les couvertures et les pulls. Cela n'avait rien d'estival. Un safari aurait été plus glamour et moins dangereux.
La fille, dans ces moments hurlait sa rage silencieusement alors que Madonna, ironique, chantonnait qu'il fallait fêter l'arrivée des vacances. La fille au porte-bagage demanda gentiment à son père d'envoyer la Ciccone par la fenêtre et de chercher quelqu'un d'autre à la place. Ils en essayèrent plusieurs : un groupe de flamenco mais ils étaient trop nombreux et trop bruyants, une inconnue qui ne leur inspirait pas confiance et qu'ils n'avaient jamais entendu auparavant, Rod Stewart supplia de revenir mais tout le monde était d'accord pour dire qu'il fallait qu'il oublie sa baby jane... ou sinon qu'il se trouve une autre famille qui veuille bien entendre son histoire. C'est finalement à quelques kilomètres de Madrid qu'ils trouvèrent Whitney Houston , misèrable, qui attendait et voulait garder son amour pour un type qui avait une autre femme. Ils la gardèrent un petit moment, car même si elle n'avait rien d'interessant à dire, elle plaisait à tout le monde, elle et ses histoires mièvres.

C'est toujours à ce moment du parcours que les problèmes les plus casse-pieds arrivaient.
Il y avait quelques signes précurseurs. Cette fois, c'était un break immatriculé français qui faisait marche arrière sur la voie d'urgence de l'autoroute : il avait dû manquer une bretelle...
Il y avait en gros trois cauchemars en Espagne : Madrid, les pannes et la police.
Si les trois arrivaient en même temps...

Pour Madrid, il fallait simplement rester dans la périphèrie, ne pas se tromper avec les chiffres romains IV ou VI , sinon une fois entré dans la ville, il fallait compter le double du temps pour en sortir, voire plus s'il faisait nuit.
Les pannes dèpendaient de l'état de la voiture : du pneu crevé à la fuite d'huile tout était possible.L'accident était rarement mentionné, mieux valait ne pas réveiller la poisse déjà bien collante.
Les policiers allaient souvent de paire avec les pannes. Et leurs uniformes étaient certainement conçus pour faire pâlir le plus brave des conducteurs.
Pour la famille porte-bagage j5, ils passaient avec succés l'épreuve de la panne et de la capitale. L'année précedente, ils avaient eu cependant un contrôle policier: le J5 était dans un état assez lamentable mais le policier et son chien ne semblait pas s'en préoccuper.
Le chien reniflait partout. Le policier aussi.
Il remarqua que le plafond à l'intèrieur du camion était plus épais à certains endroits. Il prit un tournevis et planta à plusieurs reprises et à plusieurs endroits la toiture.
Qu'est-ce qu'il cherche demandèrent les enfants au père ?
De la drogue, répondit celui-ci.
Les enfants amusés demandèrent au père de dire que la voiture était simplement pourrie.
Ils se ravisèrent quand ils virent le regard moins amusé du policier. Pas de trace de drogue, seulement depuis ce temps des trous un peu partout au dessus de leurs têtes.
Après Madrid, le père fatigué demanda à sa femme de prendre le volant, elle conduirait ainsi jusqu'à Algesiras.
Il commençait à faire très chaud. Ils ne verront et ne sentiront pendant plusieurs heures que la forte odeur des oliviers.
Des champs d'oliviers à perte de vue.
La couleur des oliviers.
Des olives.
Et une chaleur insoutenable. Ils avaient achetés des bouteilles d'eau de marque espagnole dont le goût semblaient meilleur que l'eau francaise. Peut-être à cause de la forme de la bouteille.

La mère conduisait pendant que le père piquait une sieste. C'était toujours étrange de dormir dans la voiture. Au réveil, le paysage est différent et la notion de temps est complétement faussée. Pendant que le père dormait, les enfants guidaient la mère. Ils se perdirent bien évidemment et attérirent au beau milieu d'un village désert d'Andalousie.
Complétement perdus, la fille, elle serait bien partie à Rio même avec Claude François.
Comme les enfants voulaient faire pipi, la mère décida que perdu pour perdu, autant s'arrêter dans un café demander son chemin et laisser le père dormir dans la voiture. Ils s'arrêtèrent devant un bâtiment assez singulier qui tranchait avec le décor bleu-ocre du désert d'oliviers. Une vieille bâtisse peinte d'une belle couleur framboise. Il y avait un serveur à l'entrée qui semblait assez étonné de voir ce J5 avec toute cette marmaille débarquer de nulle part. Tellement étonné d'ailleurs qu'il laissa la mère et ses enfants entrer.
Ces derniers ressortirent aussitôt, aussi framboise que la bâtisse.
Ils avaient une chance sur cinq de tomber en panne, trois chances sur cinq de se perdre, et certainement une chance sur un million de tomber sur un bar gay andaloux.
La mère reprit la route et par chance retrouva la route pour Algesiras avant que le père ne se réveille.

Ils passèrent par Malaga de nuit, à 23 heures.
Passer par Malaga un samedi soir, c'était dur à vivre. Dur de voir la jeunesse dorée espagnole s'amuser à travers la fenêtre de la camionette, certains, heureux comme dans une pub de boisson gazeuse dans leurs cabriolet, et qui les narguaient à l'arrêt d'un feu.

En sortant de cette ville bruyante et éclairée, les routes noires qui menaient au bateau renvoyaient avec encore plus d'éclat l'ennui et la solitude. Et les chanteuses berbères qu'avaient invitées le père, las des ballades occidentales, rythmaient le chemin vers les sombres montagnes qui pointaient à l'horizon.
Plus ils approchaient du port, plus ils prenaient de l'altitude.
Plus les éoliennes semblaient immenses, plus les portes-bagages se suivaient.
Algesiras était à 10km et les bouchons commençaient déjà.
C'était mauvais signe.
Il faisait prés de trente degrés à 6h00 du matin. Il fallait entrer en ville puis prendre un ticket dans une agence pour aller soit à Ceuta soit à Tanger. Ils emprunteraient cette année Tanger. Mais il fallait déjà atteindre le port.
En entrant à Algesiras, ils purent constater les dégats. Ils en avaient pour 2 jours au moins d'attente avant de pouvoir prendre le bateau. C'était raté pour les soixante douze heures. En attendant d'avoir accés au parking du port, ils se garèrent en ville.
Cuisant littéralement à l'intèrieur de la voiture, la fille regardait les espagnoles en train de rincer le sable qui collait à leur peau sous le jet des douches de la plage.
Elle n'osait plus demander à ses parents d'aller se baigner. Pour eux, on ne pouvait s'amuser qu'au Maroc. Pas de divertissement sur la route, c'était une perte de temps.
Ils prirent tout de même une glace en attendant mais pas trop loin. Il fallait toujours être prêt si la circulation avançait pour se rapprocher un peu plus du but. De jour comme de nuit, il fallait se dêpecher de monter dans la voiture, d'allumer le moteur et de gagner quelques mètres. Souvent, des enfants de 10 ans, laissés seuls dans la voiture, conduisaient eux-même sur ce parcours cédant sous la pression et les éclats de voix des automobilistes qui attendaient derrière.
Par moment, c'était une fausse alerte et le moteur restait allumé pendant une demi heure pour rien. Il valait donc mieux prévoir un plein d'essence avant de s'engager dans ce cauchemar.

Le parking était à la fois un spectacle touchant et déprimant.
Ici ils étaient tous les mêmes.
Un no-man's land crée involontairement par eux et pour eux, embarqués dans la même détresse d'être acceptés quelque part, ballotés dans des bateaux à l'entretien douteux.
Mais ils étaient entre eux. Des portes bagages à perte de vue.
Entre familles si diffèrentes et si semblables avec parmi eux, les Jacksons 5, Omar Diab, Mariah Carey en duo avec Oudaden... Tout ce monde embarqué dans la même aventure...
Il y avait sur le parking les voitures avec des baches bleus, ceux là étaient français; Ceux avec une bache orange étaient génèralement hollandais. Et puis aussi les immigrés d'Italie qui eux avaient encore du mal à faire leur place. Ils étaient tout neufs, ils avaient encore ce quelque chose de là-bas, un arrière goût de clandestin que les enfants d'immigrés reconnaissent au premier coup d'oeil.

Le rythme des voitures était lent. Et la chaleur ralentissait tout.

Et puis soudain vers huit heures du soir, tout s'accélera. Les klaxons hurlaient, les moteurs chauffaient, les enfants s'improvisaient encore une fois conducteurs, d'autres se perdaient à chercher leurs parents. Tout avançait vite et l'ordre de passage était chaotique.

Un employé du port malchanceux dû alors jouer à l'agent de circulation quand un père de famille apparemment excité avança malgré les interdictions. Le jeune homme tapota sur le capot de la voiture pour calmer le conducteur ce qui provoqua bien évidemment l'effet inverse.
Les yeux révulsès de fatigue et de colère, celui-ci extirpa une sorte de batte de sa voiture pour cogner sur l'employé, devenu vert de peur, pendant que les enfants du fou furieux, les têtes sorties de la camionnette, lui hurlaient de courir s'il voulait sauver sa peau. D'autres conducteurs, les nerfs à vifs par le trajet, les galères et pour finir ce spectacle, sortirent de leurs vehicules et entamèrent une mutinerie. Une quinzaine d'hommes se retrouvèrent à hurler contre les employés, les mères mortes de honte et les enfants morts de rire.

Mais tout ceci prit fin rapidement. Un nouveau bateau arriva.

La famille J5 porte-bagage bâche bleue avançait bien. Ils avaient raté cependant un bateau à cause d'un habituel incident : Une femme criait au scandale et les accusait de vol. Ses ceintures et ses bracelets en or avaient disparu et elle hurla que personne ne bougerait tant qu'elle n'aurait pas fouillée cette camionnette. Elle ne trouva rien sauf bien sur les ceintures et bracelets en or de la mère, qui selon elle, ressemblait fortement aux siens.

Mais tout ceci prit fin rapidement. Un nouveau bateau arriva...
Posted by Hello

Sunday, March 06, 2005

Adieu mon amour - Wedaat Hobbak



Si mon père m'a laissé un héritage, le plus beau restera celui d'aimer Farid el Atrache.

Quand j'emploie le verbe aimer, c'est tout simplement parce que mon vocabulaire me fait défaut et fuit, incapable d'exprimer par des termes exacts ce que je ressens quand j'entends la voix de ce chanteur.
Je me souviens d'ailleurs il y a quelques années, alors qu'il était au lycée, mon frère me parla d'un sujet qu'il venait d'aborder: l'ineffable.
Quand il est impossible d'exprimer de quelque manière que ce soit un sentiment qu'on éprouve face à une situation ou une personne.
Il me dit alors:
-J'ai tout de suite pensé à Farid el Atrache.

Pour parler de cet artiste de manière moins affective et tracer le personnage aux non-initiés, on peut reprendre les lignes classiques biographiques du chanteur:

Il faut savoir que Farid El Atrache est né aux alentours de 1915 (la date est incertaine), d'une famille noble Druze opposé à l'occupation de la Syrie et du Liban par la France. Pour ces raisons, la famille El Atrache déménage fréquemment et se voit contrainte de se réfugier en Égypte au début des années 20 pour échapper à d'éventuelles représailles françaises. La famille El Atrache se trouve alors dans le dénuement le plus complet, et Farid se voit rapidement obligé de travailler pour subvenir aux besoins de sa mère et sa soeur. Il arrive toutefois à suivre des cours de musique au conservatoire du Caire où il apprend les bases de la musique Arabe, le chant et le luth.
Sa virtuosité au luth devient rapidement phénoménale au point que beaucoup affirment qu'il est le plus grand joueur de luth de tous les temps. Dans les années 30, il commence à se produire dans des cabarets et pour des fêtes privées, et commence à imposer son style très particulier qui lui vaudra son surnom de "chanteur triste".
Par la suite, commence une carrière marquée par le succès aussi bien au cinéma (il joue dans plus de 30 films) que dans la musique (on compte plus de 300 compositions à son actif), déchaînant les foules dans tout le monde arabe lors de ses concerts où ses improvisations au luth en début de concert montrent à tous son talent inégalé.
Farid El Atrache a profondément influencé les générations de compositeurs qui l'ont suivi, ses imitateurs sont nombreux tant son style est caractéristique.
Farid a été l'un des premiers à emprunter à la musique occidentale aussi bien des formes musicales ( le tango ) que des instruments, tout en conservant un fond profondément oriental.
Ana Konta Fakrak Malak (JE CROYAIS QUE TU ETAIS UN ANGE) est un bel exemple que vous pouvez ecouter dans son intégralité dans le lien ci dessous comme tous les titres dont je parlerai.

Voilà pour la phase biographique.

Mais Farid el Atrache, c'est dans mon esprit et dans mon coeur bien plus que quelques dates et quelques chiffres.

Je me souviens de ces nuits d'été surréalistes, où mon pére sortait la tv sur la terrasse vers 23.00 et où nous regardions pour la éniéme fois une cassette VHS de Farid et Samia Gamal, le couple qui a du marquer mon inconscient plus que de raison, se retrouvant souvent dans des comédies à l'eau de rose, avec un scénario décousu et des acteurs de seconde zone...
Mais le volume poussé à l'extrême, nous attendions tous chaque chanson, chaque opérette, qui se diffusait dans l'air de notre village normand. Chaque film représentait l'époque nasserienne où le panarabisme s'exprimait jusque dans les chansons de l'artiste.
Ce qui me transporte le plus dans cet univers musical, c'est que l'on y retrouve à la fois une joyeuse mélancolie et une triste gaieté. J'aime aussi les changements de rythme, les changements de mélodie et la reprise du refrain, le tout dans la même chanson.
A cet instant, naît en moi une nostalgie d'une époque que je n'ai jamais vécue mais que j'ai simplement lu dans les yeux de mon père.
Les mélodies le transportaient et son regard s'évadait... et l'on riait au blagues idiotes de Smaïn el Yassin, notre Fernandel arabe.

Pour reparler du Couple Farid el Atrache-Samia Gamal, ils furent un couple à l'écran et dans la vie durant 4 ans, semble-t-il. D'ailleurs chose étonnante, alors que les scènes de baisers étaient proscrites à la maison, les roucoulades du couple n'ont jamais gênées personne:
Il chantait merveilleusement bien, elle dansait comme personne.Ils étaient beaux, lui les cheveux impeccablement gominés et elle le sourire étincellant.
Et c'est comme si toutes ces qualités magnifiaient tout ce qui habituellement pouvait être gênant ou honteux.
Mon âme fleur bleue vient, je le sais, de ses chansons qu'il chantait à l'arrière d'une calèche, une dulcinée à son bras.
Ou de ses rôles de pauvre artiste talentueux, prêt à sacrifier ses rêves pour une femme.

On dit pourtant que sa seule femme fût son Luth.
C'est un instrument que je trouve exceptionnel car au delà du son unique qu'il offre, il me semble toujours trahir les autres artistes qui osent l'utiliser. Ses cordes semblent ne vouloir retranscrire que les cordes vocales de Farid el Atrache.
Ainsi, à mes yeux, et mes oreilles, celui qui chante et qui joue du luth semble toujours être un imposteur, ou une pâle imitation que l'instrument dénonce.

D'un point de vue qualitatif, le meilleur film reste "Adieu mon amour "
(Wedaat Hobbak) en 1956 et realisé par Youssef Chahine avec Chadia, Ahmed Ramzy.
Le film est d'une magnifique et profonde tristesse et les chansons sont pour ainsi dire parfaites. La chanson Wedaat Hobbak est egalement disponible gratuitement et dans son intégralité dans le site .
En ce qui concerne la mise en scène des chansons, Negoum ELLEIL, qui signifie les étoiles de la nuit, restera à mes yeux magique à jamais. Le décor est soigné, les pianos, les bougies, le ciel étoilé et la musique est magnifiquement et incroyablement orientale.

Si je devais faire une séléction, le choix serait cornélien:

Rabir (la seule que je ne trouve pas sur ce site)
EH Faida Celle-ci m'émeut, me tue, m'ennivre, me caresse, m'achève...
Dayman Maak qui doit être mon premier souvenir audiovisuel de Farid el Atrache
Negoum Elleil
Habibi Fin
El Alb Albi à écouter au moins pour la mandoline du début
Min Yeeraf on peut entendre le vinyl grésiller quelques fois dans cette sublimissime chanson
Saa Bekorb el Habib
Ana Aref
Enta elli kont badawar alih
Mekhasmak ya albi .... pfff stafouloulah.... :)

c'est une trop grande responsabilité et je ne cesserai jamais de changer ce texte afin de rajouter un titre donc je vous donnerais ce simple conseil amical:

Ecoutez les toutes.

http://www.medi1.com/musique/liste_titres.php?t=&chanteur=FARID_EL_ATRACHE&l=debut

Posted by Hello

Friday, March 04, 2005


En Scred Posted by Hello

Thursday, March 03, 2005

Hip Hop et FriendShip

Si je dois parler de mon entourage, je pense qu'un blog ne suffirait pas.
Un site web ne suffirait pas.
Mon PC ne suffirait pas.
A la rigueur, les 9 vies de mon chat Zoé pourrait éventuellement contenir mes pensées à l'égard de mes proches.
En dehors du cercle familiale, Marielle et Fabienne sont celles que l'on aime le plus, elles sont, disons le, dans le cercle.
Ainsi, Mr Hip Hop a joué un rôle décisif dans cette rencontre:
Une rencontre à l'époque de nos 16 ans, l'âge, oû grâce à Dieu, l'époque de la coupe banane et du bombers était révolue en Normandie (mais qui semble, ô horreur, revenir depuis quelques mois). C'était l'époque du deal de cassettes mixés, du dernier Gran Pubba qu'on écoutait dans le jardin, les soirs d'été en revisant le bac de français.
Le jeudi soir, on écoutait Slurg, le samedi aprés midi Le Cut killer Show, avec bien sûr Cut, LBR, et East à l'époque, le samedi soir Dj Clyde et Asko ou Solo.
C'était les shows clés: le trio gagnant.
De Normandie à Paris, pour capter Radio Nova, c'était la croix et la bannière: Chacun avait son astuce.
Chez moi c'était une longue barre en fer, récuperée dans les restes d'un vieux lit et qui nous servait d'antenne. On s'y prenait une heure à l'avance histoire d'avoir un son clair et net. On cherchait fébrilement une cassette vierge (rare) ou déja utilisée (plus fréquent), on calait le tout et on enregistrait en esperant que la friture ne commence pas au milieu d'un freestyle du Complot des Bas Fond (l'ancêtre de la Scred Connexion) ou que China ne vienne pas faire ses vocalises sur les disques que Clyde enchaînait.
Marielle et Fabienne, elles, avaient une technique plus éprouvante. Elles devaient garder le poste (énorme) sur leur genoux et ne surtout pas bouger pendant 2 heures.

Le lendemain, on arrivait au lycée à 8.30, le casque vissé aux oreilles, le regard fier, avec l'impression qu'une matière prècieuse et rare se diffusait dans nos conduits auditifs et que nous étions seules à posséder. Que sous nos airs girly, on imposait le respect aux fausses cailles, à ceux qui rappaient depuis 6 semaines et qui nous suppliaient un élan de générosité en leur doublant une cassette...


Tuesday, March 01, 2005


Le plus Beau, C'est mon Père Posted by Hello
Google