Monday, February 28, 2005

Pensées Nocturnes à la lueur d'un Néont vert.


Posted by Hello


Ce week end, aprés une fête interminable et ennuyante, je décidais, à 3h00 du matin de sortir de ce lieu pour manger une bricole. Rien n'est ouvert à cette heure-ci, il faut d'ailleurs savoir qu'ici les clubs ferment à 3.30 grand maximum... le samedi.
Un néont vert illumine la rue investie par les jeunes gens, désoeuvrés et frustrés par cette vie suisse monotone.
Les jeunes s'ennuient ici bas, c'est un fait.
Le rayon vert est un kebap.
Ma tête tourne, ma fatigue et la fumée des autres n'est pas un bon mélange: Il n'est plus l'heure de faire des manières, je dois manger quelque chose avant de me retrouver par terre, à la lumière du néont parmi les âmes perdues.
Je rentre dans le local et commande un sandwich. Je m'installe et tourne le dos à une tablée de types, reflexe français.
Un jeune couple entre et marche l'un contre l'autre. Non parce qu'ils sont amoureux: ils sont juste complétement défoncés.
Drogue, alcool, ou les 2, Elle n'arrive pas à ouvrir les yeux, tremble et manque de tomber à chaque pas.
Lui semble un peu plus clean mais parfume la pièce de son haleine alcoolisée.
Ils se touchent le visage sans cesse, se cherchent dans le regard de l'autre et semble emmerder profondément le gérant des lieux.
Le client ivre se tourne et je peux lire sur son t-shirt en lettres majuscules: M.O.R.A.D ...
Il commence à élever la voix.
Je comprends dans son allemand approximatif qu'il ne veut pas manger le sandwich qu'on vient de lui faire car il pense que la viande n'est pas casher.
Pire, que c'est du porc.
Pire.
Je me demande comment il fait pour s'en apercevoir avec 5g d'alcool dans le sang.
Et de quoi il doit manquer en Suisse pour se mettre dans cet état.

Je quitte le local et immanquablement je pense à Fabe dans ce genre de situation.
Toujours.
Des bribes de phrases, un texte qu'il aurait pu faire...
"Il y a des tonnes de drogues douces qui poussent dans nos quartiers,
Les âmes perdues s'y trouvent comme du tissu au Sentier,
Des vies en chantier, la fantaisie transforme en rentier,
Des lascars qui s'en foutent puisqu'ils en veulent au monde entier.
Une vie qui ressemble à un espoir kidnappé, une ville nappée, par la pollution drapée, attrapé,
Virus, quotidien rappé, détails captés, retranscrits, parfois déformés.
On fait l'effort mais, le plus dur, c'est la barrière à franchir,
On n'va quand même pas passer nos vies à réfléchir, faudrait agir, Peut-être, à moins qu'on soit tous là pour poser.
Osons ! Si il faut oser en causer,Ben causons !
Mais avant d'être ankylosés, avisons!
Divisons Les tâches, le taf à faire et construisons
Autre chose que ce qu'ils nous ont réservés..."

Visionnaire-Detournement de son.

Il faut savoir que mon adolescence a été fortement influencé par le hip hop grâce à mon frère qui m'a fait découvrir 2 figures que je pense décisives et qui ont contribué à faire de moi, la personne que je suis aujourd'hui (c'est à dire une fille bien) :
Slurg et Fabe.
J'ai rencontré les deux le même jour, lors d'un festival à Barentin le 22 juin 1996.
Slurg a fait avec mon frère mon éducation musicale avec ses émissions du jeudi soir sur Radio pomme 91.6. C'était le rendez-vous de la semaine, avec la satisfaction de savoir que dans notre village perdue, on en savait plus que ceux de NYC, Paris ou San Francisco.
Fabe était le juice et la lueur que j'attendais à cette pèriode de ma vie, où dans ce lycée perdue de l'Eure, je cherchais les mots pour me trouver, parmi la bourgeoisie normande et les ploucs fachos des lieux-dits et divers hameaux.
Chaque freestyle était une claque sur le cut Killer show, chaque apparition TV était un évènement.
Et aujourdhui... aujourd'hui je ne retrouve plus cette impertinence fondée et formée.
Fabe, tu me manques.

"Combien en ont pris ?
Combien ont compris ?
Combien ont grandi ?
Combien sont morts ?
Combien ont tort ?
Combien ont choisi ?
Combien ont vécu ici ?
Combien ne connaissent pas le souci ?
Combien s'en sortent ?
Combien sont escortés ?
Combien sont emportés ?
Combien ça coûte une école privée ?
Combien tu paies toi ?
Combien j'les aime mon père et ma mère moi !
Combien de fois les poches vides les jours d'anniversaire ?
J'ai plus de voix..."
Aujourd'hui - Détournement de son

Saturday, February 26, 2005

Tony Touch Party

Hier soir, je suis allée voir Tony Touch mixer dans un club prés de chez moi.
La moyenne d'âge des clubbers devait être de 16 ans.
Le ticket coûtait 25 francs suisse et ca m'emmerde quand je sais que j'ai payé 15 francs suisse pour voir Cl Smooth, Hieroglyphics ou encore Black Moon.
Bref l'arrivée de Touch enthousiasme 3 ou 4 urubus mais pour les autres, peut-être trop jeunes pour le connaître, c'est l'indifférence totale...
Tony Touch mixe bien, c'est d'ailleurs son boulot, et passe tous les dance floors du moment. Entre 2 mix, il supplie sans cesse au micro qu'il ne veut pas être pris en photo mais accepte bizarrement les disques à la demande des alcooliques qui se collent à lui.
Comme je le vois accessible, j'ai la pensée de m'approcher pour lui demander comment me procurer ses 50 premières mix tapes (idée de mon frère).
Idée que je balaye rapidement quand je l'entends hurler au mic:
"Tonight there is a birthday: Happy Birthday Mounia!!!"

Je sais pas pourquoi ca m'a coupé toute envie.

M'ennuyant sec, je prends mon sac et ma veste et tente de me frayer un chemin entre les teenies quand une lueur musicale apparaît enfin dans cette soirée:
Toni Touch enchaîne Prince "kiss", le tube des White Stripe et "smells like a teen spirit" de Nirvana.
Je quitte le club en "bounçant"avec le sourire, et en me souvenant que commes ces gars, moi aussi à 16 ans, j'aurai certainement froncé les sourcils et maté de travers une nana qui bougerait la tête sur autre chose que du hip hop...

Friday, February 25, 2005

Classic Lyrics Stay as Memories of a Teenager


Posted by Hello


I got so much trouble on my mind
So I take time
Out my day
To pray and I say
Now I lay me down to sleep
Hopin' that I keep My soul Peep,
I'm gettin' old And it's a cold cold world
And I ain't even got a bomber
Livin' with my momma
It's the same routine
Keep my room clean
I'm lookin' to do some new things but ain't shit to do
I'm twenty-two - catch
In the prime of my life
I have no time for a wife
I funnel through the tunnel
Disgruntled, tryin' to find me some light
In the rim of darkness Aiight you sing,
I may not be the darkest Brotha
But I was always told to act my age and not my color
Knowin' that my color was that of the original
So now I sing the new negro spiritualIt goes get up stand up...etc.
It's like how can you understand the pain
When you never had to stand under the rain
When it rains it pours, and it's about to come down hard
Thank God I found you...

Electro-B-Girl in the middle - Grand Master Flash Party - Zürich -18.02.05 Posted by Hello


Samedi dernier, je suis partie avec 2 copines à Zürich voir Grand Master Flash au Pool Club. Les portes ne s'ouvraient qu'à partir de 23.00 et à 21.30 les nerds, old timers et quelques femmes de 50 ans (old old school) attendaient déjà sur le trottoir. Mes deux compères suisses n'ont rien à voir avec mes amies de Paris qui m'accompagnent habituellement les yeux fermés aux soirées hip hop. Celles-ci se collent à moi, effrayées par l'odeur du chichon et de ses bonhommes, mixant des vinyls imaginaires, excités à l'idée de voir le mythe. Aprés 3H de mix par un suppléant, la légende arrive enfin. Refuse toute photo. Refuse tout autographe. Et commence par une leçon de hip hop... en remixant Genesis. Bon je suis curieuse musicalement donc je prête l'oreille. Un assistant prépare chaque disque pour le Maître et les classiques s'enchaînent, la foule hurle de joie à chaque pass-pass, que personnellement je trouve commun, et déchaîne les fans en montant sur la table pour chanter "here come the Hot Stepper". Je suis ouverte musicalement. Mais faut pas pousser. Le show se finit bien evidemment par The Message et je pars, ravie de pouvoir dire "j'ai vu GMF" et encore plus ravie de pouvoir affirmer à présent que Kodh, Slurg, Bachir, Asko... m'ont plus enthousiamé en soirée que la légende du Hip Hop.

Suisse- Schweiz- Svizzera -CHHHHwitzerland


CH Posted by Hello


Je vis en Suisse depuis plus d'un an à présent. J'ai quitté ma normandie natale, mon Paris d'adoption et mes coeurs...

Janvier 2004 :
1er jour- aéroport de Genève. Je pose un pied dans une flaque de neige fondue, laquelle j’espère baptisera mes pas dans un univers insolite, nouveau et amical… Toutefois la Suisse s’avère vite être un pays comme un autre… excepté peut-être le fait qu’ici je marche la tête levée : A Paris, chaque rue est un terrain miné de déjections canines mais les Suisses, eux, sont respectueux de ces petites choses simples de la vie et j’apprécie.

Mars 2004 :
Voilà deux mois que je suis là et j’avoue avoir des difficultés à créer un réseau social. J’ai beau sourire, tirer les zygomatiques, la seule personne à qui j’ai le bonheur de parler, c’est la caissière de la Migros quand elle me rend la monnaie, la Migros c'est un peu notre Intermarché. Je lui donne d’ailleurs toujours de grosses coupures afin d’avoir l’occasion de rester un peu plus longtemps dans ce cocon chaleureux. Imaginez mon vif sentiment d’appartenance le jour où je ferai l’acquisition de la Super Card de la Coop… (La Coop, c'est Carrefour) Par la grâce divine ou par une succession hasardeuse d’évènements, voilà qu’un beau jour, je parviens à parler à un autochtone. Je saisis cette opportunité (inespérée) et lui demande entre deux banalités, pourquoi il est si difficile de se lier aux Suisses (ce qui est aussi je l’avoue une banalité). Il me regarde de la tête aux pieds… pas farouche…néanmoins méfiant… puis il me répond que c’est simplement parce que je me trouve dans la ville de Bienne, c’est à cause des Suisses allemands, que les Suisses romands eux sont conviviaux et civilisés, pas comme ces Suisses allemands me répète-t-il. J’entendrai un peu plus tard cette même théorie, inversée de la bouche d’un suisse allemand.

Avril 2004 :
Décidément les origines posent problèmes en Suisse : J’ai réussi à me faire apprivoiser (ou est-ce l’inverse) par quelques gens du pays, et l’on me présente à un monsieur qui visiblement n’aime pas mon accent :
-Une française ethnocentriste qui se respecte n’a aucun accent, dis-je en souriant.
Le type ne comprend pas le second degré et me regarde comme si j’étais un individu que la douane aurait du avoir honte de laisser passer…
Je range mon sourire, je décide d’éviter tout degrés, quelque soit son échelle et je lui réponds simplement que je suis française.

-Vous n’avez pas l’air française.
-Mes parents sont berbères du Maroc mais je suis née en France et j’y ai grandi.
-Et alors ? Ca suffit pas pour être française.
-En France, si.
-C’est vrai, me dit-il avec une moue de dégoût, maintenant que vous le dites, vous avez cet accent français, votre façon de parler, de dire les mots…
Sur le coup, je suis prête à en dire des mots et à lui montrer ma façon de parler… quand je saisis l’absurdité de la situation.
C’est bien ma veine. En France, les visages se ferment quand on est arabe, en Suisse c’est quand on est français.
Je suis grillée partout. Et encore, je ne lui ai pas dit que je me sentais avant tout Afro-Européenne…

Mai 2004 :
La rigueur de l’administration Suisse m’impressionne. Le civisme des gens me laisse sans voix. Et la douceur de vivre m’ennivre. C’est aussi bien agréable de prendre le train sans risque de grève surprise.
Si la CFF (transport suisse) est critiquée, c’est que ceux qui s’y emploient non jamais eu à faire aux manifestations massives, colériques et dévastatrices de la SNCF.
Sans oublier les passagers massifs, colériques et dévastateurs de la SNCF.
Les helvètes se plaignent peu. Le râlement est définitivement une Haute Discipline Française, et moi qui ai la réputation d’être une modérée en mon pays, j’ai souvent l’impression d’être ici une anarchiste.

Juin 2004 :
Les beaux jours sont là, sous le soleil, je m’aperçois combien Bienne, la ville où je vis, est cosmopolite.
Je fais la connaissance d’une jeune femme, avec qui je sors parfois. Elle me raconte comme il est difficile de se trouver un homme en Suisse :

-Je n’ai pas de chance, j’attire juste les arabes et je les déteste, siffle-t-elle dans un mouvement de frisson.

Elle remarque mon air « légèrement » stupéfait et croit bon d’ajouter :
-Pas les arabes enfin les autres, ceux qui me dégoûtent, les yougos, tu vois…
Non, je ne vois pas, je n’adhère pas et bluffée, j’en parle à une amie :
-Laisse couler, me dit-elle, c’est qu’une suisse allemande.

Août 2004 :
Mon frère Bachir et Slurg (Courcelles sur Seine et Louviers represent) viennent me rendre visite. Dans un Bar du centre ville, je leur vante les mérites de la vie Biennoise et rabâche à qui veut l’entendre combien je me sens en sécurité et détendue depuis ma venue.
Au même instant, au même endroit, 2 hommes se disputent, se battent et décèdent.
J’ai droit depuis aux sarcasmes de mon entourage, ayant brisé définitivement dans leur esprit l’image d’une quiétude Suisse.

Septembre 2004 :
Si les français et les yougoslaves sont peu populaires, je m’aperçois que ce pays est en cruel manque d’exotisme. Etant donné que ma peau mate évoque peu les campagnes normandes, on me prend souvent pour une brésilienne.
Si à Paris, c’est le plus beau des compliments que l’on puisse faire à une fille, on m’explique rapidement qu’en Suisse c’est l’évocation d’une sexualité cheap, facile et tropicale.
Furieuse que l’on m’envisage ainsi, je suis alors tiraillée entre le désir de défendre la dignité de la gente féminine brésilienne et celui de revendiquer fièrement, dans un élan d’ego, mes origines berbères. Beaucoup plus réservés que leurs voisins gaulois, mes prétendants se limitent donc, pour la plupart, à de vieux lubriques célibataires enhardis pensant me faire une faveur en s’approchant de moi et croyant m’attirer misérablement avec une carte de résident.
Ils auront comme réponses ma nausée et ma pitié.
Je comprends à ce moment que la beauté du paysage compense la laideur d’âme de certains.

Octobre 2004 :
Je maîtrise à présent toutes les nuances de la langue française suisse : Par exemple, je ne réponds plus réconfortante et rassurante « n’ayez pas peur » quand une dame me demande s’il elle « ose » emprunter mon stylo. Je comprends juste qu’elle me demande la permission. Et j’ai aussi perdu l’habitude franco parisienne de sortir « armée » le soir. J’ai rangé mes petits tournevis et bombes lacrimo au placard et je perds sensiblement ma paranoïa que je croyais pourtant innée.
La Suisse, c’est certain, ça m’adoucit.
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